Chronique de mon escapade N’Djaménoise

Dernièrement je me suis rendu au palais de justice de N’Djaména. C’était  un lundi, le 6 février de cette année. Aux alentours de 10h 30. Même ambiance comme il y prévalait 15 ans plutôt. Des bureaux poussiéreux contenant des “justiciers” poussifs, des “justiciables” qui vont et viennent dans allées exiguës, montant puis descendants des escaliers comme s’ils déambulaient, on aurait dit des vrais diables errants sans buts, sans objectifs précis, des juges ou peut-être des avocats, fiers d’arpenter les couloirs dans leurs tuniques flashies, podium public où les spectateurs ne sont que des pauvres gueux locaux, des sans-soutiens claniques et autres malchanceux qui n’ont pas comme proche parent “Untel” bien placé. Lire la suite »

Toute l’actualité africaine des 24 dernières heures

Politique Au Tchad, le ministre de l’Assainissement public limogé et inculpé
Par RFI le 2012-02-21 04:12
Au Tchad, le ministre en charge de l’Assainissement public et de la Moralisation, Ahmadaye al-Hassan, limogé dimanche 19 février par le président Déby a été inculpé lundi pour faux et usage de faux, détournement de fonds destinés au fonctionnement de son ministère. Il est gardé dans les locaux de la police judiciaire où se poursuit son audition ainsi que celle de plusieurs agents du ministère.
Lundi matin, le procureur de la République et un policier se sont présentés au domicile de l’ancien ministre pour lui notifier qu’il était poursuivi pour faux et usage de faux et détournement de biens public. Il est alors prié de se présenter à la police judiciaire.
A la police où il retrouve plusieurs agents de son ministère et des commerçants ayant obtenu des marchés de fournitures, Ahmadaye al-Hassan a été soumis à des questions sur l’utilisation des fonds destinés aux missions de contrôle et à l’exécution de certains marchés attribués par son ministère.
Plus tard dans la journée, des policiers se sont rendus à son domicile pour retirer quelques voitures appartenant à l’administration. Jusqu’en début de soirée, l’ancien ministre et ses agents étaient encore auditionnés par les enquêteurs à la police judiciaire.
L’affaire était dans l’air depuis jeudi dernier quand les premiers agents du ministère de l’Assainissement public ont été mis aux arrêts et leurs collègues interdits de voyage. A Ndjamena on se demande si vraiment la moralisation de la vie publique a commencé par les moralisateurs ou bien si on assiste une nouvelle fois à ces arrestations spectaculaires qui débouchent souvent sur des non-lieux. Lire la suite »

Le Tchad dépasse les USA en matière de dépenses militaires

Au Tchad, l’argent du pétrole a servit presque exclusivement au financement de l’armée. Ce rapport publié par CCFD-Terre solidaire  est plus qu’édifiant sur l’incroyable dérive de l’investissement militaire orchestrée par Idriss Déby et son régime.

Lire le rapport ici : ccfd-rapport-tchad-presse.pdf

OPERATION AFRIQUE-2021 – APRES LA THEORIE, LE MOMENT DE LA PRATIQUE

Article  publié sur : de Jean P. Pougala

Le 12 janvier 2011, je démarrais une aventure de 10 ans dénommée Afrique 2021, en publiant ce jour, le premier d’une série d’articles, prenant position sur les événements marquants de l’année 2011 en rapport avec le continent Afrique. Ce 12 janvier 2011, c’est la publication de mon éditorial de 4 pages sur la crise ivoirienne, suivront 7 éditoriaux sur la guerre en Lybie. Chaque article visait deux objectifs principaux :

  • Déconstruire dans la tête des Africains une partie du mensonge qui a servi à installer durablement l’injustifié, complexe d’infériorité, consolidé ensuite par les siècles de domination européenne.

  • Redonner la fierté aux Africains, faire rêver le continent africain aux propres africains.

  • J’avais ciblé les jeunes dans ce travail. Pourquoi les jeunes ? Parce que les personnes de ma génération avaient grandi, bercés par un refrain des parents que le patron Européen fouettait, de l’allégeance et la subalternité universelle à l’Européen, quoiqu’il arrive, quoi qu’il se passe. Aller donc vers ces personnes pour espérer le moindre changement de mentalité en Afrique, me semblait donc comme un Don Quichotte allant contre les moulins à vent. Et puis, il y a eu la révolution dénommée « internet » sans laquelle mes écrits seraient restés comme tous les autres depuis 25 ans, aux oubliettes, en attente de l’énième censure de l’énième éditeur pour accepter de les publier. Et à la manœuvre pour distribuer mes points de vue, étaient les jeunes africains sur pratiquement tout le continent.

Après 12 mois, la première étape a été visiblement couronnée de succès et toujours plus d’Africains sont éveillés par mes écrits et ont pris conscience du fait que l’El-dorado c’est en Afrique et non ailleurs. De tous les courriers que je reçois quotidiennement, ceux que j’adore le plus, sont très certainement ceux des jeunes qui me racontent que depuis qu’ils me lisent, ils ont abandonné l’idée de quitter l’Afrique, qu’ils ont compris que c’était stupide aller risquer de mourir dans la mer Méditerranée, en tentant la traversée vers l’Italie entassés à 100 sur une pirogue de 10 personnes. J’ai été particulièrement touché de recevoir de centaines de témoignages de jeunes m’annonçant après l’article sur le Palmier à Huile qu’ils se lançaient désormais dans la plantation, qui avec 2 hectares, qui avec 3. J’ai eu les larmes aux yeux lorsqu’après l’article intitulé : « voici comment l’Afrique va contrôler l’Europe », j’ai reçu de nombreux témoignages venant des jeunes nés en Europe de parents africains qui me disaient qu’ils avaient tout simplement décidé de rentrer en Afrique, de retrouver le pays de leurs parents, pour faire partie de ceux-là qui iront à la conquête de l’Europe, cette fois-ci, non plus en pirogue, mais en protagonistes, en hommes et femmes d’affaires.

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France : La violence et l’impunité policière

Source : amnesty.org

 « Notre vie est en suspens » Les familles des personnes

mortes aux mains de la police attendent que justice soit faite.

 

Amnesty International dénonce depuis de nombreuses années des cas de violations des droits humains commises par des responsables de l’application des lois en France, notamment des homicides illégaux et des cas de torture et d’autres traitements cruels, inhumains et dégradants (mauvais traitements). En 2005, l’organisation a publié le rapport France. Pour une véritable justice (index AI : EUR 21/001/2005), qui constatait l’existence d’un phénomène d’impunité de fait pour les responsables de l’application des lois qui commettent de telles violations, dans un contexte où la police, le ministère public et les juges se montrent peu enclins à enquêter de manière approfondie sur ces atteintes et à en poursuivre les auteurs présumés.

Amnesty International reconnaît que la tâche des responsables de l’application des lois en France est difficile et dangereuse, qu’elle les expose souvent à des risques importants et que la majorité de ces agents s’acquittent de leurs fonctions de manière professionnelle et dans le respect de la loi. Il n’en demeure pas moins que des erreurs et des fautes sont parfois commises, et qu’il est nécessaire de l’admettre. Les autorités doivent veiller à ce que les auteurs d’infractions rendent compte de leurs actes et montrer à la population qu’elles y ont veillé. Autrement, la crédibilité des organes chargés de faire respecter la loi en pâtit, à l’instar des relations de ces organes avec la population. Publié en 2009, le rapport d’Amnesty International intitulé France. Des policiers au-dessus des lois (index AI : EUR 21/003/2009) a confirmé les conclusions du précédent document et montré que les allégations des victimes et des familles de victimes ne faisaient toujours pas l’objet d’une enquête effective, indépendante, exhaustive, impartiale et menée dans les meilleurs délais. L’étude montrait aussi que des victimes et des proches de victimes restaient de même privés de réparation appropriée – restitution, indemnisation, réadaptation, satisfaction et garanties de non-répétition, notamment.

L’organisation continue de suivre des cas dans lesquels des responsables de l’application des lois sont accusés d’avoir commis des violations des droits humains. En novembre 2011, elle constate que les investigations dans ces affaires ne progressent, au mieux, que très lentement. L’organisation s’est notamment penchée sur des cas de personnes mortes au moment de leur interpellation ou juste après celle-ci, pour lesquels aucune explication digne de ce nom ni aucune réparation appropriée n’ont été fournies à la famille, comme l’exige pourtant le droit international relatif aux droits humains.

Le présent rapport s’inscrit dans le prolongement des précédentes recherches d’Amnesty International sur ces questions, et s’attache en particulier à la façon dont les familles des victimes vivent non seulement la mort d’un de leurs proches aux mains de la police, mais aussi le fait que les responsables présumés ne sont pas amenés à rendre de comptes. Les cinq cas de mort aux mains de la police examinés dans ce document illustrent les problèmes structurels décrits par Amnesty International dans ses précédents rapports, concernant l’utilisation excessive de la force et l’absence d’enquête effective, même lorsque les faits sont très graves et que l’on dispose d’éléments de preuve. Tous les proches de victimes avec lesquels Amnesty International s’est entretenue ont évoqué les effets profondément douloureux pour leur famille de la perte de leur proche et du fait qu’ils n’ont pas eu pour l’instant accès à la justice, à la vérité et à des réparations : ils ont du mal à faire leur deuil et à reprendre une vie normale.

Les cinq cas dont il est question dans ce rapport concernent des personnes issues des minorités dites « visibles » : un Français d’origine sénégalaise et quatre étrangers (un Malien, un Tunisien, un Algérien et un Marocain). Si les victimes de violations des droits humains commises par des policiers appartiennent à plusieurs tranches d’âge, ne viennent pas toutes du même milieu social et sont de nationalité différente, l’immense majorité des cas signalés à l’attention d’Amnesty International concernent des personnes issues de ces minorités « visibles ». Malgré les recommandations à cet égard émises par des organes internationaux de défense des droits humains, il n’existe pas de statistiques officielles sur l’origine ethnique de la population en France, ni de données ventilées concernant les interventions de la police. Toutefois, dans un grand nombre des cas sur lesquels Amnesty International s’est penchée, il a été question d’un comportement discriminatoire des agents de la force publique vis-à-vis des personnes appartenant aux minorités « visibles ».

En l’absence d’un mécanisme indépendant de traitement des plaintes contre la police doté des pouvoirs, de la compétence et des moyens nécessaires pour enquêter sur les allégations de violations des droits humains commises par des responsables de l’application des lois et émettre des décisions contraignantes, Amnesty International a reconnu dans le passé le rôle utile de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), chargée d’enquêter sur de telles allégations . La CNDS a été remplacée par une nouvelle institution, le défenseur des droits, qui reprend les fonctions de la CNDS, du médiateur de la République, du défenseur des enfants et de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE). Amnesty International a fait part de ses craintes concernant la capacité de cette institution à s’acquitter de sa mission, compte tenu de son mandat étendu et de ses moyens limités. L’organisation espère toutefois que le défenseur des droits s’attachera tout particulièrement à examiner avec tout le sérieux et la maîtrise requis la question des violations des droits humains commises par les responsables de l’application des lois.

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Afrique: Sortir du Franc CFA pour briser le carcan Néocolonial !

 SOURCE : camer.be

Avec la crise économique les rumeurs se font de plus en plus pressantes sur la dévalorisation du Franc CFA ; ceci occasionne de multiples débats sur l’opportunité, ou non, pour les pays africains qui en sont membres de sortir de ce système. Une occasion pour « Afrique en Lutte » de revenir sur le sujet. En fait quand on parle de Franc CFA on devrait parler des Francs CFA puisqu’il y a plusieurs monnaies qui coexistent sous cette appellation, indépendamment les unes des autres. Le Franc CFA de l’Afrique de l’Ouest dont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo sont membres. Celui de l’Afrique Centrale avec le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.

A ces deux groupes majeurs s’ajoutent le Franc des Comores, de la Guinée et du Rwanda. Pour les deux premiers groupes chacun a sa structure bancaire idoine chargé de gérer la monnaie, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour l’Afrique de l’Ouest et Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) pour l’Afrique Centrale.

De manière très simple on peut considérer le Franc CFA, dont l’ancien nom était Franc des colonies françaises d’Afrique, comme une excroissance africaine de l’Euro après qu’il ait remplacé le Franc. Le Franc CFA a un taux de change fixe avec l’Euro et les pays africains de la zone CFA ont l’obligation de déposer la moitié de leur réserve de change au Trésor Public français. Les droits d’émission sont censés être décidé par les deux banques BCEAO et BEAC, mais l’effectivité de leurs décisions requiert une unanimité, ce qui se traduit dans les faits par un droit de veto pour les représentants du Trésor Public français. L’épisode de 1994, où le gouvernement français de l’époque, de manière unilatérale et brusquement, avait décidé la dévalorisation de 50 % de la valeur du Franc CFA, montre qui sont les vrais maîtres de cette monnaie. Lire la suite »

Aide au développement : les idées reçues ont la vie dure

Cet article, de  Thomas Noirot, a été publié le 09 janvier 2011 sur le site survie.org

En septembre, l’institut de sondage IFOP et l’Agence Française de Développement (AFD) ont rendu publics les résultats de leur traditionnel sondage « les français et l’aide au développement ». L’AFD, qui a fêté en décembre ses 70 ans, faisait alors connaître les interrogations des français et des françaises… sans y répondre. En novembre, le rapport Emmanuelli publié en annexe de l’examen du projet de loi de finances 2012 arrivait au même résultat : des questions sans réponse.

L’AFD réalise depuis plusieurs années un sondage en France permettant de jauger le soutien populaire à l’aide publique au développement (APD) et le degré de connaissance de nos compatriotes sur ces dépenses en apparence généreuses. Première conclusion, que l’AFD tente comme toujours de transformer en plébiscite pour défendre ses prébendes : les français sondés considèrent très majoritairement normal que la France ait sa propre aide au développement, en complément de celle de l’Union Européenne (77% des sondés), y compris en période de difficultés budgétaires (63%). Bonne nouvelle, donc : même si la situation empire pour tout le monde, peuples des pays bénéficiaires comme du « généreux donateur », on veut « aider », encore et toujours… Même si les effets se font attendre ?

Sans doute que oui, car cette enquête consacre également la communication officielle sur les supposés mérites de l’aide française :ils sont ainsi 60% à considérer que les montants consacrés par la France sont globalement suffisants, et surtout 55% à penser que cette aide est actuellement globalement efficace… mais on ne sait pas bien efficace sur quoi, puisqu’ils sont une minorité à considérer qu’elle est efficace dans la « lutte contre la pauvreté » (43%) et dans la « lutte contre le changement climatique » (40%). Même pour la sacro-sainte « croissance économique », qui a le mérite d’englober les performances financières des entreprises étrangères, les personnes qui croient en l’efficacité de nos dispositifs atteignent péniblement 48% des sondés.

Inefficacité de l’aide ou efficacité de la nuisance ?

Il faut dire que la question de « l’efficacité de l’aide »est épineuse, car elle en amène une autre : comment mesure-t-on l’efficacité d’une politique d’aide au développement ? Si certains programmes d’aide sont agrémentés d’indicateurs supposés mesurer leur efficacité, et dont on peut d’ailleurs souvent douter, comment répondre à cette question pour l’ensemble de la politique d’aide au développement française ? Or, le rapport d’Henri Emmanuelli présenté cette automne devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale, qui examinait le projet de loi de finances 2012, martèle que « l’aide » française est trop éparpillée, du moins sur son volet multilatéral : « les résultats de l’aide multilatérale au développement peu lisibles. Ses opérateurs sont dispersés entre les 261 organisations internationales et les 14 fonds sectoriels recensés ». On le sent moins critique sur l’aide bilatérale, outil d’influence par excellence de la France vis à vis des pays bénéficiaires. Il se félicite que « l’Agence Française de développement est désormais un opérateur essentiel (…). Ses autorisations de financements atteignaient 6,8 milliards d’euros en 2010 ». Toute cette somme n’est pas comptabilisée en « aide », puisque l’AFD ne contribue « que » à un gros quart de l’APD française, qui atteignait l’année dernière 10,8 milliards d’euros, mais on constate la montée en puissance de l’AFD grâce au développement de son activité de crédit, notamment au secteur privé. Ca ne semble pas choquer Emmanuelli, qui s’étonne juste de certains montages : « peut-on réellement qualifier un prêt visant la réfection de l’aéroport de Capetown en Afrique du Sud comme une aide au développement ? ». Mais pour lui, visiblement, rien de choquant à ce que l’AFD ait triplé en 10 ans sa part dans l’APD totale de la France, notamment en multipliant les prêts à des conditions préférentielles à des entreprises : c’est l’aide au développement… des profits des multinationales françaises, qui aiment à se partager ce gâteau offert ces contribuables français qui voient d’un bon oeil l’idée « d’aider » l’Afrique.

Mais qui aide-t-on, au fait ?

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TCHAD : Mahamat Saleh ANNADIF et sa légendaire flagornerie

Le combat contre Déby et son régime mafieux, le combat pour une démocratie réelle au Tchad, se fait aussi par les mots et les images.
Montrons au monde le vrai visage de ce satrape honni !

C’est la raison pour laquelle nous avons pris l’initiative d’étaler devant tout le monde la médiocrité et la platitude qui caractérisent ce pouvoir. Vous pouvez déjà visionner une vingtaine de montages que nous avons mis en ligne sur youtube.com. En tapant “TchadSao” vous accéderez normalement à l’ensemble de ces séquences capturées sur les médias publiques à la solde des Itno.

La dernière vidéo mise en ligne date d’aujourd’hui et concerne Mahamat-Saleh ANNADIF. Voici le lien : http://bit.ly/xjtDnR

Vos commentaires et réactions sont les bienvenus.

Q.A.

Patrice NGANANG : Lettre ouverte à M. Diouf et à la “Francophonie”

 Cette lettre a été publié sur le site de Mediapart le 14 décembre 2011

 Monsieur le président,

Cette audience pour moi c’est le prix en réalité. C’est elle seule qui me fait venir à Paris, parce que sinon j’aurais refusé le prix. Je l’aurais refusé, moins parce que l’installation de mon pays dans la zone francophone aura eu lieu au prix de l’éradication de l’écriture shümum que mon roman primé Mont plaisant raconte, qu’à cause de l’implication directe de l’Organisation internationale de la francophonie dans le maintien de la tyrannie qui étrangle le Cameroun depuis 1984, et surtout à cause de la caution qu’elle aura donné au coup d’Etat constitutionnel qui y a eu lieu ce 4 septembre 2011. En effet, lors de la session parlementaire du 11 octobre 2011, Mr. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères de France, dit que les élections présidentielles eurent lieu au Cameroun ce 9 octobre 2011 «dans des conditions acceptables». Il précisa que son jugement, il le basait sur le rapport de l’organisation dont vous êtes le secrétaire général. Plus tard le président Nicolas Sarkozy félicitait Paul Biya.

Nous savons, monsieur le président, que la délégation de l’Organisation internationale de la francophonie qui supervisa les élections du 9 octobre était dirigée par le major Pierre Buyoya qui lui-même n’a jamais accédé au pouvoir dans son pays que par des coups d’Etat; nous savons que le travail de cette délégation au Cameroun était pratiquement téléguidé depuis le cabinet civil de la présidence de la République du Cameroun. Et puis, sur la base des observations de la plateforme «09-10-11 Touche pas a mon vote!» que j’ai constituée avant les élections, plateforme qui a formé près de 2000 scrutateurs déployés à travers le pays, réuni 7 partis politiques et était fondée sur la collaboration entre 7 leaders politiques dont 4 candidats à l’élection; sur la base de ma collaboration parallèle à une plateforme, le Front Uni de la Diaspora Camerounaise, unissant de multiples organisations de la diaspora camerounaise, je puis dire ceci sans avoir peur de me tromper: la Nation camerounaise a été exclue des élections du 9 octobre. La Nation camerounaise, ce sont les 70% du peuple camerounais qui à l’intérieur, et les 99,5% qui à l’extérieur du Cameroun n’ont pas voté, chiffres précisés par deux organisations bien respectées d’observation des votes. Oui, monsieur le président, nous qui n’avons pas voté le 9 octobre 2011, nous sommes la Nation camerounaise.

Monsieur le président, j’ai demandé une audience, parce que je voulais vous dire de vive voix notre frustration, oui, notre colère d’avoir été ainsi privés de notre droit fondamental: la possibilité de choisir le dirigeant que nous voulons, pour le bien-être de notre pays. Je vous écris cette lettre parce que les violations de droits minimaux qui ont précédé l’élection du 9 octobre auraient rendu toute reconnaissance de ses résultats impossible: interdictions de conférences, kidnapping de leaders politiques, mise en résidence surveillée, fermeture des frontières du pays; tout a été mis en œuvre par le pouvoir pour nous empêcher, pour empêcher la Nation camerounaise donc, de participer effectivement au choix de son dirigeant. Je vous écris cette lettre au lieu de vous dire ces vérités, parce qu’il m’a été prévenu que durant cette audience, je ne devrais pas vous parler de politique, mais de littérature. Cette note ne m’a cependant pas interdit de vous écrire de lettre sur la politique camerounaise – et je suis écrivain. Lire la suite »

TCHAD : La mort de Khalil Ibrahim et les concomitances suspectes

« Monsieur Idriss Déby demeure toujours la clef de voûte dans le dispositif de domination de la France sur ses post-colonies »

Khalil Ibrahim, le chef rebelle du MJE, est mort. Tué, officiellement, par l’armée soudanaise dans le sud-ouest du Kordofan . A priori ce fait peut sembler anecdotique pour les Tchadiens puisqu’il ne s’agit après tout que d’un problème apparemment interne au Soudan, du destin tragique d’un fils de ce pays tué par les siens. Or les choses ne sont effectivement simples que d’apparence. Parce que la disparition de M. Ibrahim, beaucoup s’en doutent, marque une nouvelle étape, non seulement dans les milieux de l’opposition armée au régime de Khartoum, mais aussi dans la gestion du pouvoir actuel de monsieur Déby. Plusieurs raisons nous permettent de croire cela : La première et la plus évidente des raisons est naturellement celle qui consiste à supposer que la disparition du chef du MJE aura comme conséquence immédiate l’exacerbation du conflit familial des Itnos, précisément entre Déby et son frère Timane. Rappelons juste que ce conflit est né à la suite de l’extinction de la belligérance indirecte qui opposait le Soudan et le Tchad depuis 2004, et surtout lorsque Déby, dans la lancée de cette réconciliation avec Omar El-Béchir , ordonna l’expulsion de M. Khalil Ibrahim du Tchad au mois de mai 2010. Il est tout à fait plausible que le frère du satrape, fervent défenseur de Khalil Ibrahim, n’accepte guère que la mort de son neveu et protégé passe par pertes et profits et s’engage, en représailles contre celui que tous désignent unanimement comme le premier commanditaire, Déby, dans un bras de fer plus franc avec son cadet.
Mais l’élimination du chef du MJE peut être lue également dans une perspective géostratégique. Une corrélation directe peut être établie entre elle et la situation qui prévaut actuellement dans la zone sahélienne après le démantèlement du régime de Kadhafi. Après avoir soutenu le guide libyen jusqu’aux derniers instants, le MJE regagne tranquillement sa base darfourienne avec un arsenal militaire sans commune mesure et une manne financière plus que consistante. Or, pour les puissances occidentales dont les intérêts nouvelles dans la sous région sont clairement affichés, un Khalil Ibrahim riche et si bien armé, déambulant dans la zone peut constituer un risque majeur dont ils ne sauraient prendre. Cela est d’autant plus vrai que l’homme a toujours été très peu réceptif à leurs argumentaires voire un obstacle évident dans la promotion de ces intérêts occidentaux. Son refus de signer les accords de Doha malgré les diverses pressions en est une parfaite illustration de l’impossible convergence entre les deux entités. Si l’on ajoute à ces raisons la possibilité qu’un deal ait pu être noué entre le guide libyen aux abois et le rebelle en déshérence, pour tel ou tel but, il est permis de penser que la mort de Khalil Ibrahim garantisse pour les Occidentaux, à la fois une relative tranquillité dans la zone et l’assurance qu’il n’existera plus de possible témoin ayant côtoyé le dictateur du Syrte dans ses derniers instant de règne.

Pourquoi les Occidentaux, après avoir soutenu le MJE par l’entremise de Déby, souhaiteraient-ils à présent sa disparition ?

La suite : ICI

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